L’Écosse à moto face aux midges

L’Écosse est célèbre pour ses paysages grandioses, ses routes sinueuses parfaites pour le road trip… et ses midges. En moto, c’est un paramètre à ne surtout pas négliger.


1. Fiche d’identité : Qu’est-ce qu’un midge ?

Le Highland midge (Culicoides impunctatus) n’est pas un moustique, mais un minuscule diptère (moucheron) de 1 à 2 millimètres.

  • Leur arme : Seule la femelle pique pour nourrir ses œufs. Contrairement au moustique qui « pique », le midge découpe microscopiquement la peau pour faire perler le sang. Multiplié par des milliers d’individus, cela provoque des démangeaisons intenses et des plaques rouges.
  • Leur comportement : Ils se déplacent en essaims massifs, parfois de plusieurs millions d’individus. Ils sont attirés par le CO2 que nous expirons, la chaleur corporelle et les vêtements sombres.

Où et quand frappent-ils ?

  • La saison : De fin mai à septembre. Le pic d’activité se situe en juillet et août.
  • La météo idéale (pour eux) : Un temps chaud, humide, couvert et surtout sans vent. Les midges sont si légers qu’un vent supérieur à 10 km/h les empêche de voler.
  • La géographie : Ils adorent les zones humides, les tourbières, les rives des lochs et les forêts des Highlands (surtout sur la côte Ouest). La côte Est, plus sèche et venteuse, est beaucoup moins touchée.

2. Les midges en moto : Est-ce gênant ?

En roulant : Non.
Dès que vous dépassez 15-20 km/h, vous allez beaucoup trop vite pour eux. Le vent de la course les balaie. Le seul inconvénient en roulant est l’accumulation de cadavres sur la visière du casque, mais ce n’est rien de plus que les insectes habituels.

À l’arrêt : Oui, c’est un cauchemar si on n’est pas préparé.
Le vrai problème commence à la seconde où vous coupez le moteur.

  • Le piège du casque : Si vous roulez en casque modulable ou jet et que vous vous arrêtez visière ouverte, l’essaim vous entoure en moins de 30 secondes. Ils s’infiltrent à l’intérieur du casque, se coincent dans les mousses, sous les lunettes et dans le cou.
  • La sueur et la chaleur : Après une session de conduite, votre corps et le moteur de la moto dégagent de la chaleur et du CO2. Pour les midges, vous devenez un phare dans la nuit.
  • Les galères logistiques : Mettre ou enlever sa combinaison de pluie, ravitailler la moto, checker son GPS ou installer sa tente de camping au milieu d’une nuée sans protection peut transformer une belle journée en crise de nerfs.

3. La stratégie motard : Que faire ?

Pour survivre et profiter de votre voyage, il existe une liste de règles d’or bien précises.

L’équipement indispensable à avoir sur soi

  1. Le filet de tête (Midge Net) : C’est obligatoire. Un filet à moustiques classique a des mailles trop larges ; il vous faut un filet spécifique « spécial midges » (très fin). Il ne prend pas de place sous la selle. Vous le mettez dès que vous retirez votre casque.
  2. Le répulsif local : Les anti-moustiques classiques au DEET marchent moyennement. Le produit roi en Écosse s’appelle le « Smidge » (disponible dans toutes les stations-services et supérettes là-bas). Alternative étonnante mais validée par les locaux : l’huile corporelle « Skin So Soft » d’Avon (bouteille bleue), dont l’odeur agit comme une excellente barrière.
  3. Nettoyant visière et phare.

Les bonnes pratiques à moto

Étape 1 : Anticiper l’arrêt
Ne vous arrêtez pas n’importe où. Privilégiez les endroits exposés au vent (cols, sommets, bords de mer dégagés) plutôt que les fonds de vallées boisés et humides.

Étape 2 : Garder la visière fermée au stop
Quand vous coupez le contact, gardez votre casque intégral ou votre visière strictement fermée le temps d’observer s’il y a des midges autour de vous.

Étape 3 : La transition Casque – Filet
Si l’endroit est infesté, sortez votre filet de tête de votre poche avant d’enlever le casque. Retirez le casque et enfilez immédiatement le filet par-dessus une casquette (la visière de la casquette maintient le filet loin de la peau de votre visage).

Conseils pour le bivouac et l’hébergement

  • Faites vos vérifications mécaniques ou votre graissage de chaîne le matin s’il y a du vent, plutôt que le soir au coucher du soleil (leur heure préférée avec l’aube).

En résumé : oui, ils sont pénibles, mais ils ne doivent pas vous priver des Highlands. Avec une bouteille de Smidge, un filet de tête dans la poche et des arrêts choisis là où le vent souffle, votre road trip sera exceptionnel !